Votre groupe sanguin ne se choisit pas, il s’impose dès la naissance, inscrit dans votre ADN par le jeu des gènes hérités de vos parents. Derrière cette simple lettre sur un carnet de santé, il y a une histoire, une transmission silencieuse, parfois lourde d’enjeux, qui commence bien avant le premier cri d’un bébé.
Comment le groupe sanguin est-il déterminé ?
Le groupe sanguin se définit par la présence ou l’absence de certains antigènes à la surface des globules rouges, et d’anticorps dans le plasma. Ce n’est pas aussi simple qu’une case à cocher : quatre grands groupes existent, A, B, AB et O,, chacun caractérisé par ses propres combinaisons d’antigènes et d’anticorps. Par exemple, le groupe A affiche sur ses globules rouges des antigènes A, tandis que son plasma contient des anticorps anti-B.
Mais il y a une autre variable : le facteur Rh, ou antigène rHD. Ce petit marqueur distingue les groupes sanguins en deux catégories supplémentaires selon la présence (+) ou l’absence (–) de cette protéine. Résultat : huit groupes sanguins différents, chacun avec sa propre identité :
- A Rh positif (A+)
- A Rh négatif (A-)
- B Rh positif (B+)
- B Rh négatif (B-)
- O Rh positif (O+)
- O Rh négatif (O-)
- AB Rh positif (AB+)
- AB Rh négatif (AB-)
Comment le groupe sanguin est-il hérité ?
Le patrimoine sanguin se transmet intégralement par les parents. Chacun donne l’un de ses deux allèles du système ABO à l’enfant : A et B dominent, O se fait discret, récessif. Cette mécanique génétique explique, par exemple, pourquoi le groupe A domine en Suisse. Les influences environnementales et la génétique de la population modèlent la répartition des groupes sanguins d’une génération à l’autre.
Pour visualiser ces combinaisons, voici ce qui peut arriver selon les groupes sanguins parentaux :
Le groupe sanguin maternel pendant la grossesse
Dans certains cas rares, le groupe sanguin de la mère et celui de l’enfant ne s’accordent pas. Cette incompatibilité peut entraîner des risques si les deux sangs se mélangent avant ou pendant la naissance. Le cas le plus connu : une mère Rh négatif porte un enfant Rh positif. Le système immunitaire maternel identifie alors les globules rouges du bébé comme des intrus et fabrique des anticorps pour les attaquer.
Pour reprendre les mots de Ginny Harrington, infirmière en obstétrique et gynécologie : une femme Rh négatif confrontée au sang Rh positif de son bébé réagit comme face à un corps étranger. Des complications peuvent survenir, notamment lors de grossesses suivantes.
Autre situation : une incompatibilité ABO, par exemple si la mère est O et le bébé A. Ce mélange peut entraîner une jaunisse néonatale, heureusement bien surveillée aujourd’hui. C’est pourquoi un test sanguin fait partie du suivi de grossesse : il permet d’anticiper et de prendre en charge toute incompatibilité éventuelle.
Pourquoi connaître le groupe sanguin de son enfant ?
Deux grandes raisons poussent à identifier ce groupe sanguin dès la naissance.
Type de sang et traitements médicaux
En cas d’urgence, chaque minute compte. Savoir rapidement le groupe sanguin de son enfant permet d’orienter sans délai vers une transfusion compatible, évitant tout risque dramatique lié à une erreur. Une information vitale, parfois déterminante.
Le groupe sanguin et la santé future
Des études récentes soulignent que les groupes sanguins ne se valent pas face à certaines maladies. Par exemple, une publication de 2012 révèle que les personnes du groupe AB présentent un risque accru de 23 % de maladies cardiovasculaires par rapport au groupe O. En 2014, d’autres recherches confirment un risque d’AVC plus élevé chez les AB, potentiellement lié à une coagulation sanguine différente.
Un autre exemple : selon une étude menée en 2015, les personnes de groupe O semblent moins exposées au diabète de type 2. Quant au groupe A, l’American Cancer Society note une prédisposition accrue au cancer de l’estomac, même si les raisons restent à éclaircir.
Cependant, il faut garder en tête que ces résultats restent à nuancer. Les modes de vie, l’alimentation, l’activité physique et le suivi médical jouent un rôle tout aussi déterminant dans la santé à long terme.
Faites le test de groupe sanguin
En Europe, la détermination du groupe sanguin du bébé n’est pas systématique partout. Il existe cependant des solutions accessibles : un test privé, peu coûteux, peut lever le doute. Certaines entreprises, comme Future Health Biobanque, proposent d’identifier le groupe sanguin de l’enfant à partir d’un échantillon de sang de cordon, dans le cadre de leur service de stockage.
Connaître le groupe sanguin de son enfant, c’est anticiper, prévenir, parfois sauver. Un simple résultat, mais un atout précieux pour la suite du parcours.

