Mots pour la démence : découvrez les cinq essentiels pour tester la maladie

225 000. Ce chiffre, c’est le nombre de diagnostics d’Alzheimer posés chaque année en France. Pas un détail. Derrière cette statistique, des vies bousculées, des familles qui cherchent des repères. Au milieu de cette réalité, le test des cinq mots s’est imposé comme un réflexe pour les médecins généralistes. Son atout ? Une simplicité déconcertante, presque trompeuse, au service de la détection de troubles cognitifs autrement complexes à cerner.

Appuyé par la recherche, ce protocole repose sur une sélection précise de mots à retenir et à répéter. Son efficacité n’est ni bornée par l’âge ni limitée par le niveau d’études. Voilà pourquoi il s’est imposé comme un allié de poids pour tous les professionnels qui traquent, à la loupe, les premiers signes de déclin cognitif.

La détection précoce d’Alzheimer : pourquoi c’est fondamental pour les patients et leurs proches

Déceler tôt la maladie d’Alzheimer bouleverse le parcours de soins. Dès que les premiers troubles cognitifs apparaissent, la détection précoce ouvre une brèche, parfois étroite, pour agir, ralentir le processus et préserver ce qui peut l’être de l’autonomie. Aujourd’hui, le dépistage de la maladie d’Alzheimer n’est plus un simple acte clinique : il mobilise une dynamique entière autour du patient , adaptation du cadre de vie, anticipation des besoins, soutien des proches.

La personne âgée bénéficie alors d’une évaluation cognitive poussée. Les professionnels se fient à des tests validés pour repérer les troubles neurocognitifs et adapter au plus juste la prise en charge. Cette démarche ne se limite pas au diagnostic ; elle introduit très tôt des solutions concrètes : ateliers de mémoire, stimulation, accompagnement psychologique.

Voici ce que cette approche permet concrètement :

  • Pour détecter les troubles : observer le quotidien en détail, croiser ces impressions avec des tests fiables, c’est affiner le diagnostic de la maladie d’Alzheimer.
  • Soins et accompagnement : une prise en charge rapide et bien calibrée peut repousser la perte d’autonomie et l’entrée en institution.

L’entourage compte aussi. L’annonce d’un diagnostic déclenche un dispositif d’écoute et d’accompagnement. La santé mentale des aidants, souvent sous pression, fait dorénavant partie intégrante du projet de soins. Plus tôt le dépistage est posé, plus chacun peut anticiper, organiser, reprendre la main face à la maladie.

Test des 5 mots : ce que vous devez savoir sur cet outil de dépistage

Sous l’appellation test des 5 mots de Dubois, cet outil s’est taillé une place de choix pour évaluer la mémoire épisodique verbale. Le principe est simple : demander au patient d’enregistrer et de restituer une liste de cinq mots, choisis avec soin. En quelques minutes, ce test révèle les premiers troubles de la mémoire liés à la maladie d’Alzheimer.

Il cible la mémoire épisodique, la première à flancher dans bien des cas. Le professionnel mesure d’abord la capacité à rappeler les mots tout de suite, puis après un délai. Si besoin, un indice vient relancer la mémoire ; la réaction du patient à cet indice affine l’analyse. Le score global oriente la suite de l’investigation, sans jamais se substituer à une évaluation globale.

Ce test tire sa force de sa facilité d’utilisation, sans barrière culturelle ou scolaire : nul besoin de lire ni d’écrire, même un patient peu instruit peut y accéder.

Quelques points à garder à l’esprit lors de son utilisation :

  • Le test Dubois fait partie d’un ensemble d’examens cognitifs, toujours interprétés en tenant compte du contexte global.
  • Un score de rappel bas, surtout s’il coïncide avec d’autres troubles de la mémoire épisodique, doit attirer l’attention.

Pour le clinicien, l’interprétation du test des 5 mots oriente vers le bon diagnostic, anticipe les besoins et guide le patient vers une prise en charge sur-mesure.

Comment se déroule concrètement le test des 5 mots ?

Intégré à la routine des consultations mémoire, le test des 5 mots suit une méthode précise, validée et largement utilisée. Le soignant sélectionne d’abord cinq mots, chacun relevant d’une catégorie sémantique différente : fruit, couleur, objet, animal, véhicule… L’idée ? Empêcher le patient de s’aider d’associations logiques pour mémoriser.

Le professionnel énonce la liste à voix haute. Le patient répète ces mots immédiatement : c’est le rappel immédiat. S’il bloque, l’indice sémantique est proposé pour aider à retrouver le mot manquant. On note le score du rappel immédiat.

Pendant quelques minutes, d’autres échanges ou tests s’enchaînent. Puis, sans prévenir, le professionnel demande à nouveau la liste : c’est le rappel différé. Les indices sont à nouveau proposés si besoin. Le score de rappel différé s’ajoute au précédent. Un score bas, surtout si les indices n’améliorent pas la restitution, suggère un trouble de la mémoire épisodique verbale.

Ce protocole standardisé évalue la capacité à enregistrer et restituer l’information. Les résultats guident vers un bilan cognitif plus poussé, associé à d’autres tests si nécessaire.

Médecin expliquant un test de mémoire à un homme âgé dans un salon

Partager et sensibiliser : l’importance de diffuser l’information autour du dépistage

La sensibilisation au dépistage des troubles neurocognitifs prend de l’ampleur à mesure que la population vieillit. Trop souvent, le test des 5 mots ou le Mini-Mental State Examination (MMSE) restent méconnus, alors même qu’ils sont fiables pour détecter précocement les troubles de la mémoire. Diffuser l’information, c’est lever des barrières culturelles et pratiques qui freinent le diagnostic.

Les familles se retrouvent en première ligne. Lorsqu’un proche présente des signes de troubles de la mémoire ou peine lors d’une épreuve de calcul mental, il est utile d’encourager une consultation rapide. L’accès à un dépistage rapide facilite l’adaptation des soins, simplifie l’organisation du quotidien et accélère l’accès au soutien.

Voici des leviers concrets pour agir :

  • Informer sur la diversité des tests : du test de l’horloge au test des 5 mots.
  • Valoriser l’action des soignants pour orienter vers un diagnostic solide.
  • Soutenir les campagnes publiques qui encouragent le dépistage précoce des troubles neurocognitifs.

L’impact d’une maladie d’Alzheimer sur l’entourage impose de dépasser les tabous. Les soignants et les associations multiplient les initiatives pour rendre ces tests accessibles et compréhensibles. Expliquer simplement le dépistage, c’est donner à chacun la possibilité de repérer plus tôt les troubles neurocognitifs et d’offrir une vie meilleure à ceux qui en ont besoin.