La douleur persistante sur la face interne du genou ne relève pas toujours d’une simple surutilisation ou d’un choc direct. Chez certains patients, cette gêne s’accompagne d’une limitation de la mobilité, souvent mal interprétée ou minimisée lors des premiers examens cliniques.
Devant ce tableau, le choix des examens ne se résume jamais à une recette toute faite. Âge, intensité de la douleur, antécédents médicaux ou habitudes sportives : chaque cas force le praticien à trier, à adapter. Certains signaux poussent à privilégier l’imagerie, d’autres incitent à élargir les investigations pour ne rien laisser dans l’ombre.
Comprendre la tendinite de la patte d’oie au genou : causes, symptômes et facteurs de risque
Sur le côté interne du genou, trois tendons, sartorius, gracile et semi-tendineux, se rejoignent pour former la patte d’oie. Leur insertion, juste sous la surface interne de l’articulation, constitue un point faible, mis à rude épreuve lors de l’activité physique et des mouvements répétés. Si la tendinite de la patte d’oie touche volontiers les sportifs, elle concerne aussi quiconque présente un déséquilibre biomécanique, quel que soit l’âge.
La douleur, centrée sur la face interne du genou, se fait sentir en montant ou descendant les escaliers, en courant ou lors de stations prolongées en flexion. Parfois, elle gêne la nuit ou descend vers le tibia. Quand l’inflammation s’installe, marcher devient une épreuve. Les signes varient, mais la sensibilité à la pression de la zone d’insertion reste très évocatrice.
Voici les situations fréquemment associées à l’apparition de cette pathologie :
- présence d’un surpoids ou modification de l’axe des jambes,
- pratique sportive trop poussée ou inadaptée,
- présence d’arthrose interne du genou,
- raideur, ou faiblesse musculaire des groupes voisins.
La répétition de gestes techniques, le port de charges ou une reprise trop rapide d’un sport : autant de contextes qui favorisent la tendinite de la patte d’oie. Parfois, cette affection révèle une incapacité à s’adapter à l’effort ou un trouble de la posture, conséquence de l’âge ou d’une vieille blessure.
Quels examens médicaux pour poser le bon diagnostic et choisir un traitement adapté ?
La première étape reste l’examen clinique. Le médecin localise la douleur en appuyant sur la face interne du genou, à l’endroit précis où les tendons de la patte d’oie s’insèrent. Demander au patient de plier la jambe contre résistance aggrave souvent la gêne, confirmant l’hypothèse. Le médecin épluche également les antécédents, la pratique sportive et la façon dont les douleurs sont apparues. Rien ne remplace ce temps d’exploration attentive.
Si la douleur s’installe ou s’aggrave, l’imagerie prend le relais. L’échographie s’impose pour visualiser une inflammation des tendons ou détecter une bursite. Cet examen rapide, sans risque, permet aussi d’écarter d’autres causes, comme une atteinte méniscale ou une arthrose. L’IRM (imagerie par résonance magnétique) n’intervient qu’en dernier recours, lorsque le diagnostic reste flou ou qu’une atteinte plus profonde est suspectée.
Dans certaines situations, le médecin généraliste oriente le patient vers un médecin du sport ou un rhumatologue. Si la douleur ne cède pas malgré les traitements habituels, ou si une intervention chirurgicale est envisagée, un deuxième avis devient nécessaire. La prescription de semelles orthopédiques ou d’un programme de renforcement musculaire découle de ce bilan, chaque stratégie se pensant au cas par cas. Les conseils pour prévenir les récidives passent aussi par l’ajustement des activités sportives ou la correction d’une anomalie de l’axe du membre inférieur.
Une douleur qui s’incruste, un diagnostic précis, un traitement sur-mesure : chaque étape compte pour retrouver la liberté de mouvement. La patte d’oie n’a pas dit son dernier mot, mais un patient bien accompagné ne la laisse jamais gagner du terrain.


