Un chiffre brut, glacé, posé là : chaque année, des milliers de personnes voient le psoriasis bouleverser leur quotidien. Loin de se contenter de la surface de la peau, la maladie creuse parfois plus profond, jusqu’aux articulations. Pourtant, la science avance à grands pas. Trois nouveaux traitements viennent d’entrer sur le marché, promettant d’élargir l’arsenal face au psoriasis et au rhumatisme psoriasique.
Le Cosentyx, Sécukinumab
Le COSENTYX 150 mg/ml, solution injectable sous-cutanée à base de sécukinumab, bouleverse le paysage des immunosuppresseurs. Ce médicament cible deux situations précises :
- Le psoriasis en plaques : réservé aux adultes dont la maladie, modérée à sévère, nécessite un traitement systémique.
- Le rhumatisme psoriasique : pour les formes actives chez l’adulte, lorsque les traitements de fond classiques (ARMDS) n’ont pas suffi, que ce soit en monothérapie ou combiné au méthotrexate (MTX).
Sécukinumab : une nouvelle ère thérapeutique COSENTYX s’appuie sur le sécukinumab, premier médicament de la famille des inhibiteurs de l’interleukine 17A (IL-17A). Cette cytokine, naturellement présente dans l’organisme, joue un rôle pivot dans les mécanismes inflammatoires. En cas de psoriasis, de rhumatisme psoriasique ou de spondylarthrite ankylosante, elle se retrouve en excès, alimentant la maladie. Pour les patients qui ne répondent pas aux traitements anti-TNF, le COSENTYX ouvre une perspective nouvelle. Les effets à long terme restent encore à surveiller, mais l’arrivée de ce médicament change la donne pour une partie des malades en impasse thérapeutique.
L’Otezla, Apremilast
OTEZLA (apremilast) fait figure de pionnier : il s’agit du premier inhibiteur de la phosphodiestérase 4 (PDE4) homologué comme traitement de deuxième intention pour le psoriasis en plaques chronique modéré à sévère et le rhumatisme psoriasique actif chez l’adulte, seul ou avec un antirhumatismal de fond.
Ce médicament a obtenu deux indications reconnues par l’autorisation de mise sur le marché :
- En dermatologie : adressé aux adultes atteints de psoriasis en plaques chronique modéré à sévère après échec, contre-indication ou intolérance à d’autres options (ciclosporine, méthotrexate, photothérapie type PUVA).
- En rhumatologie : administré seul ou en complément d’un traitement de fond, dans le rhumatisme psoriasique actif, après échec ou intolérance à un ARMM antérieur.
OTEZLA : un mode d’action inédit Ce traitement oral agit à l’intérieur même des cellules pour rééquilibrer le jeu complexe des médiateurs pro- et anti-inflammatoires. Son arrivée élargit les possibilités, notamment pour les patients n’ayant pas toléré ou bénéficié des traitements traditionnels.
Talz, Ixekizumab
TALTZ (ixékizumab) appartient à la famille des anticorps monoclonaux dirigés contre l’IL-17A. Ses indications concernent :
- Le psoriasis en plaques modéré à sévère chez l’adulte nécessitant un traitement systémique,
- Les patients ayant rencontré un échec (réponse partielle, contre-indication ou intolérance) avec au moins deux traitements systémiques non biologiques ou la photothérapie,
- Les cas présentant une forme étendue ou un retentissement psychosocial marqué.
Dans le psoriasis, l’interleukine-17A est particulièrement active dans les lésions cutanées. TALTZ limite la libération des cytokines et chimiokines pro-inflammatoires, apaisant ainsi l’emballement immunitaire qui nourrit les plaques. Son mode d’administration est simple : injection sous-cutanée, soit via un stylo injecteur, soit avec une seringue préremplie.
Face à la diversité du psoriasis, ces nouveaux traitements ne promettent pas de solution miracle, mais ils ouvrent de nouveaux horizons. Pour certains patients, ils redonnent le sentiment de reprendre la main sur leur peau, leur corps, leur quotidien. Le combat n’est pas terminé, mais l’arsenal thérapeutique s’élargit, pièce après pièce.

